LA VIE D'ANAK-TNK

La joie des retrouvailles

Alexandra C. volontaire de 2012 à 2015 et engagée en France pour soutenir l’action ANAK-Tnk, n’était pas revenue à la fondation depuis 5 ans. En janvier 2024, elle a pris le temps de lâcher sa vie parisienne et son métier d’aumônier d’hôpital pour un temps de retrouvaille et de retour aux sources. Cela fait 12 ans mais cette mission reste une expérience fondatrice pour elle. Elle nous partage ses impressions, ses émerveillements, ses étonnements et ses retrouvailles…

 

Pourquoi as-tu souhaité revenir à la fondation, pourquoi maintenant ? 

Après mon retour de mission en 2015, j’avais eu la joie de revenir visiter annuellement la fondation. La dernière fois, c’était en novembre 2018 à l’occasion des 20 ans. Et puis, il y eut la pandémie ; avec un confinement de plus de deux ans aux Philippines. Après 5 ans sans mettre le pied à Manille, revoir Manille et la fondation devenait presque vital.

Quelles ont-été tes premières impressions en revenant sur place ? Cela a-t-il réveillé en toi des sentiments ? 

A peine sortie de l’aéroport, l’odeur si singulière de Manille – devenue familière- m’envahit et généra un heureux sentiment : comme à chaque fois, j’avais l’impression d’être partie la veille. Prendre un taxi pour se rendre à l’autre bout de Manille est comme un jeu d’enfant. Même si le temps a passé, trois ans de mission ont eu le temps d’imprimer en moi les bruits, les odeurs, la langue, les lieux, les voix des enfants. Tous ces repères qui avaient formé mon quotidien dans le passé, demeurent d’une certaine manière.

As-tu revu des enfants, des employés que tu avais côtoyés auparavant ? Que vous êtes-vous raconté ? 

Bien sûr : je suis avant tout venu pour les voir. Beaucoup d’enfants ne sont plus là : départ, réconciliation, autonomie de vie. Ceux qui sont encore là ont beaucoup grandit. Quelle joie de les retrouver dans la simplicité, comme si nous nous étions quittés la veille.

Les employés sont fidèles au poste pour une grande majorité d’entre eux : cela fait extrêmement plaisir à voir. Ils sont heureux de servir les enfants : éducateurs, psychologues, coordinateur de centres… Bien sûr il y a du « turn over », et il y a ceux qui nous ont quitté trop tôt. Je pense tout particulièrement à Jason, ancien enfant des rues, que j’avais suivi en big night ses deux premières années en tant qu’éducateur de rue à la fondation. Les discussions avec ces employés fidèles sont toujours simples et légères : là aussi, comme si nous ne nous étions jamais quittés.

La fondation est belle. Sa taille peut sembler un peu vertigineuse, mais finalement, la simplicité de cœur et d’esprit avec laquelle elle se construit lui donnent toute sa légitimité.

La fondation est en pleine croissance avec 29 centres d’accueil et 11 centres de jours. Qu’as-tu observé comme évolutions, et comme points immuables. 

C’est difficile à évaluer car cela n’est pas visible au premier abord. Le nombre d’enfants accueillis a augmenté et de nouveaux centres ont ouvert. Mais chaque foyer a gardé la même taille, le même nombre d’enfants, le même fonctionnement. L’atmosphère y demeure la même qu’au premier jour : c’est la même joie et le même amour qui y règnent en maitres.

Avec quel message rentres-tu ?

La fondation est belle. Sa taille peut sembler un peu vertigineuse, mais finalement, la simplicité de cœur et d’esprit avec laquelle elle se construit (ainsi que son professionnalisme) lui donnent toute sa légitimité.

Le Seigneur est à l’œuvre et nul doute qu’il veille au grain, et ce depuis les premiers jours de 1998 alors que les premiers enfants étaient accueillis.

 

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