Présentation
Bonjour, je suis Rosemarie Ravano et je viens de prendre ma retraite cette année, après 21 ans passés au sein de la fondation Tulay ng Kabataan (ANAK-Tnk). J’ai 5 enfants qui sont maintenant adultes. Avant de travailler ici, j’ai vécu à Bicol et j’ai travaillé comme enseignante dans une école maternelle pendant 7 ans. En 2004, mon mari m’a quittée… Pour subvenir aux besoins de ma famille, j’ai cherché un autre emploi et je me suis installée chez ma tante à Manille. J’ai laissé mes enfants à la garde de ma mère à Bicol.
Comment êtes-vous arrivée à travailler à la fondation, et que faisiez-vous ?
Grâce à une annonce dans un journal, j’ai rejoint la fondation ANK-Tnk en avril 2004 jusqu’à aujourd’hui avec différentes responsabilités au fil du temps :
>> D’abord, ‘house parent’ pendant 5 mois au centre d’accueil pour filles.
>> Ensuite, et pendant 10 ans, enseignante pour les enfants arrivant de la rue.
>> 2015, coordinatrice de l’éducation pour le programme des bidonvilles.
>> 2017 (et pendant 3 ans), coordinatrice du centre du nouveau projet de la fondation : une maison pour les personnes âgées dépendantes abandonnées dans les rues.
>> Ma dernière mission en 2020 : responsable des 2 foyers pour filles des rues handicapées.
Comment avez-vous vécu cette dernière mission ?
Cette mission auprès des jeunes filles handicapées a beaucoup de sens pour moi, car mon propre fils est handicapé. Ce qui compte pour moi, ce n’est pas le salaire, mais le fait d’être une mère pour elles. Elles me considèrent comme telle ! Je veux avant tout m’occuper de ces enfants et j’en retire beaucoup de joie. J’aime jouer avec elles, les écouter et les aimer.
Pouvez-vous nous raconter l’histoire d’un enfant qui vous a le plus marqué ?
L’histoire la plus émouvante que j’ai vécue au sein de la fondation s’est produite au tout début, lorsque j’étais ‘house parent’ au centre d’accueil pour les filles. Nous avons accueilli une jeune fille de 16 ans qui était enceinte. Après la naissance du bébé, elle s’est enfuie, nous laissant seuls avec son petit garçon. Je me suis occupée du bébé, qui pleurait beaucoup et ne voulait pas de biberon… Finalement, c’est moi qui l’ai nourri… Je peux dire qu’il est comme un fils pour moi ! La Fondation est la seule famille qui l’a nourri et élevé depuis sa naissance. Il y a un an, nous avons appris le décès de sa mère, qui était malheureusement tombée dans la drogue… Aujourd’hui, il a 20 ans et vit toujours dans l’une de nos maisons !
Quels sont vos projets de retraite ?
Je compte retourner à Bicol pour m’occuper de ma mère, âgée de 88 ans. Elle m’a beaucoup aidée en s’occupant de mes enfants, et maintenant c’est elle qui a besoin de moi… J’aurai aussi plus de temps pour ma propre famille ! Mais je suis heureuse de savoir que je pourrai revenir chaque fois que je le souhaiterai pour visiter la fondation : jeunes, personnes âgées, enfants handicapés.
Si vous deviez résumer la Fondation en quelques mots, que diriez-vous ?
Je dirais que c’est une fondation aimante, avec un amour sans limite ! C’est ma famille élargie, ma deuxième famille, et je l’adore !




